Quand j’ai commencé ce blog, il y a de cela un peu plus de neuf mois, j’avais dans l’idée d’en faire un blog banal de commentaire de l’actualité. Assez rapidement, je me suis rendu compte que des simples commentaires ne suffisaient pas, mais nécessitaient des explications approfondies de la façon dont je voyais le monde et la France. Plus qu’à donner mon avis et à flatter mon ego, ce blog m’a servit à structurer ma pensée. Ecrire oblige à mettre en forme, conceptualiser, disséquer, expliquer ce que l’on ne pense souvent que de façon fragmentaire et brumeuse.
Depuis mon article sur la question identitaire, j’en suis arrivé à un stade où je ne sais pas quoi écrire d’autre. Stendhal s’était demandé « de qui et de quoi peut-il être question après un tel homme » à propos de Napoléon. Toute proportion gardé, je suis un peu dans la même situation : de quoi puis-je parler après un tel article ? En fait, la question identitaire s’est trouvé être l’aboutissement – logique, éminemment logique – de ma réflexion.
Et après ?
Je pourrais continuer sur la pente que j’ai prise ces dernières semaines. Multiplier les critiques de livre – pas uniquement de science-fiction – et mettre en ligne des vidéos ou poster des liens vers d’autres articles. Mais est-ce vraiment de cela que j’ai envie ? Ou plutôt, est-ce que ça a un quelconque intérêt ? Être un blog de plus, parmi des centaines d’autres, à parler de ce qui se trouve sur internet, à commenter ce qui se trouve sur internet, à regarder internet et la blogosphère en permanence.
Rester dans cette blogosphère nombriliste et tournée vers elle-même.
Me comporter, en fait, comme le font les journalistes, corporatistes et tournés vers eux-mêmes, mais sans avoir la possibilité de toucher qui que ce soit. Être lu par cinquante, cent, même mille personnes par jour n’est rien. Et je suis franchement loin des mille…
Personne ne me l’a jamais demandé, mais si j’ai appelé mon blog Jeune Droite, ce n’est pas parce que je suis jeune et de droite, bien que les deux soient vrais. C’était une référence à un mouvement de pensée se rattachant aux « non-conformistes des années 30 ». Il y avait trois mouvements en fait : Esprit, d’Emmanuel Mounier, que l’on peut classer comme étant plutôt de gauche. Ordre Nouveau, d’Alexandre Marc, technocratique et relativement centriste. Et la Jeune Droite de Jean-Pierre Maxence (entre autre), de droite et réactionnaire.
Non pas que je me réclame d’une quelconque filiation idéologique à l’égard de Jean-Pierre Maxence. Par contre, je me réclame d’un lien avec l’ensemble du mouvement des non-conformistes : être jeune, non satisfait par l’offre politique actuelle, refuser le conformisme idéologique, vouloir changer la grille de lecture. J’aurai très bien pu prendre Esprit, si ça n’existait pas toujours, ou Ordre Nouveau, si ça n’était pas à ce point connoté négativement (de façon absurde soit dit en passant).
Mais la différence fondamentale entre moi Maxence ou Mounier, c’est qu’eux avaient un public. Ce qu’ils faisaient avait une influence, même minime, sur la vie intellectuelle de leur époque. Moi, ça n’en a aucune.
Bref, tout ça pour dire que ce blog a rempli sa fonction. Il m’a donné une raison d’écrire et de mettre de l’ordre dans mes idées. Maintenant, il est temps pour moi de passer à autre chose.
Ceux qui ont conscience que la France, pas plus que l’Europe, ne survivra au 21ème siècle à venir, mais pour autant refusent le racisme et l’extrémisme, doivent trouver un moyen de sortir d’internet. Rester sur internet, n’être lu que par des gens déjà convaincu, rester entre-soi, ne sert à rien. Pire, c’est un piège. En restant à la périphérie du système, en nous enfermant à la périphérie du système, nous sommes incapables de le faire bouger.
Comment ? Je l’ignore. Peut-être que la Nouvelle Droite Républicaine parviendra à faire quelque chose, ou qu’elle restera un micro-parti sans influence.
Mais je sais que ce n’est pas en se dispersant sur des dizaines de blogs que personne ne lit que nous arriverons à quelque chose. La première des choses à faire, c’est de nous regrouper autour des pôles existant sur internet. Rebelles.info, Criticus, ILYS dans une moindre mesure. Laisser de coté notre orgueil de blogueur pour tenter de construire quelque chose.
C’est pour ça que je ferme mon blog. Je me suis mit d’accord avec Roman Bernard pour squatter Criticus quand j’aurais quelque chose à dire, et je continuerai bien évidemment à écrire pour la Conquête de l’Espace.
Je pourrais garder ce blog et me contenter de commenter l’actualité. Mais a quoi bon, si c’est pour n’être lu par personne ? Je préfère donc, plutôt que de me tuer à pondre régulièrement des billets inutiles dans le but de garder un nombre insignifiant de lecteurs, ne parler que si j’ai quelque chose à dire.
Je voudrais donc faire quelques remerciements pour finir. Tout d’abord remercier David Bescond et toute l’équipe de Rebelles.info pour m’avoir accepté alors que je ne faisais qu’arriver sur la blogosphère. Remercier François Duran, qui m’a probablement fait le plus beau compliment qu’il m’était possible de recevoir. Remercier Eric Timmermans pour avoir publié son texte magnifique chez moi. Remercier tous ceux qui m’ont mit en lien, commenté, ou qui m’ont envoyés un message privé. Et vous remerciez vous, lecteur silencieux et discret, qui veniez régulièrement ici.
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Un autre défaut de ce test concerne
la politique étrangère. Que l’UE parle d’une seule voie en politique étrangère, notamment face à la Russie, oui, mille fois oui, sans hésiter. Que l’intégration se poursuive plus en avant en
matière de Défense, encore une fois oui, j’ai dit maintes fois ici que j’étais favorable à une confédération européenne, à une armée européenne, qui permettrait de contrebalancer le poids
écrasant des Etats-Unis au sein de l’OTAN. Mais je sais que les trois-quarts de ceux qui ont répondu comme moi l’ont fait avec l’idée d’avoir une Europe opposée aux Etats-Unis, quand je la
voudrais partenaire, et d’une Europe qui permettrait de baisser les budgets militaires, quand je suis certain qu’il est nécessaire de les augmenter si nous voulons pouvoir réellement peser sur le
monde, en Afghanistan, en Somalie, au Proche-Orient, dans le Caucase.
Diantre ! Une
Il y a des jours comme ça où j’ai
envie de me mettre à gueuler. Il y a de ces jours où j’ai envie que tout s'embrase, que ce système pourri s’effondre. Il y a des jours où j’ai envie que tout explose, juste pour le plaisir de
voir la tête que ferraient les tenants du multiculturalisme et du métissage.