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Mardi 12 mai 2009

Quand j’ai commencé ce blog, il y a de cela un peu plus de neuf mois, j’avais dans l’idée d’en faire un blog banal de commentaire de l’actualité. Assez rapidement, je me suis rendu compte que des simples commentaires ne suffisaient pas, mais nécessitaient des explications approfondies de la façon dont je voyais le monde et la France. Plus qu’à donner mon avis et à flatter mon ego, ce blog m’a servit à structurer ma pensée. Ecrire oblige à mettre en forme, conceptualiser, disséquer, expliquer ce que l’on ne pense souvent que de façon fragmentaire et brumeuse.

Depuis mon article sur la question identitaire, j’en suis arrivé à un stade où je ne sais pas quoi écrire d’autre. Stendhal s’était demandé « de qui et de quoi peut-il être question après un tel homme » à propos de Napoléon. Toute proportion gardé, je suis un peu dans la même situation : de quoi puis-je parler après un tel article ? En fait, la question identitaire s’est trouvé être l’aboutissement – logique, éminemment logique – de ma réflexion.

 

Et après ?

 

Je pourrais continuer sur la pente que j’ai prise ces dernières semaines. Multiplier les critiques de livre – pas uniquement de science-fiction – et mettre en ligne des vidéos ou poster des liens vers d’autres articles. Mais est-ce vraiment de cela que j’ai envie ? Ou plutôt, est-ce que ça a un quelconque intérêt ? Être un blog de plus, parmi des centaines d’autres, à parler de ce qui se trouve sur internet, à commenter ce qui se trouve sur internet, à regarder internet et la blogosphère en permanence.

 

Rester dans cette blogosphère nombriliste et tournée vers elle-même.

 

Me comporter, en fait, comme le font les journalistes, corporatistes et tournés vers eux-mêmes, mais sans avoir la possibilité de toucher qui que ce soit. Être lu par cinquante, cent, même mille personnes par jour n’est rien. Et je suis franchement loin des mille…

 

Personne ne me l’a jamais demandé, mais si j’ai appelé mon blog Jeune Droite, ce n’est pas parce que je suis jeune et de droite, bien que les deux soient vrais. C’était une référence à un mouvement de pensée se rattachant aux « non-conformistes des années 30 ». Il y avait trois mouvements en fait : Esprit, d’Emmanuel Mounier, que l’on peut classer comme étant plutôt de gauche. Ordre Nouveau, d’Alexandre Marc, technocratique et relativement centriste. Et la Jeune Droite de Jean-Pierre Maxence (entre autre), de droite et réactionnaire.

Non pas que je me réclame d’une quelconque filiation idéologique à l’égard de Jean-Pierre Maxence. Par contre, je me réclame d’un lien avec l’ensemble du mouvement des non-conformistes : être jeune, non satisfait par l’offre politique actuelle, refuser le conformisme idéologique, vouloir changer la grille de lecture. J’aurai très bien pu prendre Esprit, si ça n’existait pas toujours, ou Ordre Nouveau, si ça n’était pas à ce point connoté négativement (de façon absurde soit dit en passant).

Mais la différence fondamentale entre moi Maxence ou Mounier, c’est qu’eux avaient un public. Ce qu’ils faisaient avait une influence, même minime, sur la vie intellectuelle de leur époque. Moi, ça n’en a aucune.

 

Bref, tout ça pour dire que ce blog a rempli sa fonction. Il m’a donné une raison d’écrire et de mettre de l’ordre dans mes idées. Maintenant, il est temps pour moi de passer à autre chose.

 

Ceux qui ont conscience que la France, pas plus que l’Europe, ne survivra au 21ème siècle à venir, mais pour autant refusent le racisme et l’extrémisme, doivent trouver un moyen de sortir d’internet. Rester sur internet, n’être lu que par des gens déjà convaincu, rester entre-soi, ne sert à rien. Pire, c’est un piège. En restant à la périphérie du système, en nous enfermant à la périphérie du système, nous sommes incapables de le faire bouger.

Comment ? Je l’ignore. Peut-être que la Nouvelle Droite Républicaine parviendra à faire quelque chose, ou qu’elle restera un micro-parti sans influence.

Mais je sais que ce n’est pas en se dispersant sur des dizaines de blogs que personne ne lit que nous arriverons à quelque chose. La première des choses à faire, c’est de nous regrouper autour des pôles existant sur internet. Rebelles.info, Criticus, ILYS dans une moindre mesure. Laisser de coté notre orgueil de blogueur pour tenter de construire quelque chose.

C’est pour ça que je ferme mon blog. Je me suis mit d’accord avec Roman Bernard pour squatter Criticus quand j’aurais quelque chose à dire, et je continuerai bien évidemment à écrire pour la Conquête de l’Espace.

 

Je pourrais garder ce blog et me contenter de commenter l’actualité. Mais a quoi bon, si c’est pour n’être lu par personne ? Je préfère donc, plutôt que de me tuer à pondre régulièrement des billets inutiles dans le but de garder un nombre insignifiant de lecteurs, ne parler que si j’ai quelque chose à dire.

 

Je voudrais donc faire quelques remerciements pour finir. Tout d’abord remercier David Bescond et toute l’équipe de Rebelles.info pour m’avoir accepté alors que je ne faisais qu’arriver sur la blogosphère. Remercier François Duran, qui m’a probablement fait le plus beau compliment qu’il m’était possible de recevoir. Remercier Eric Timmermans pour avoir publié son texte magnifique chez moi. Remercier tous ceux qui m’ont mit en lien, commenté, ou qui m’ont envoyés un message privé. Et vous remerciez vous, lecteur silencieux et discret, qui veniez régulièrement ici.

Par Gabriel Bendayan - Publié dans : Administration.
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Dimanche 10 mai 2009

Après avoir été tagué par Roman Bernard, j’ai été amené à faire le test EU profiler, destiné à montrer de quel parti on est le plus proche pour les élections européennes. A première vue, le résultat peut sembler un rien surprenant : je suis tout en haut (en faveur de l’intégration européenne) et très légèrement à gauche, juste à coté de Newropeans, en dessous du Modem et à équidistance de l’UMP et du PS (la NDR n’est pas présente).

Donc, suis-je plus proche de François Bayrou que de Nicolas Sarkozy ? Par certains coté il faut bien admettre que oui. Je n’aime pas le culte de l’argent du président de la République, ni son mépris pour les Humanités et les choses de l’esprit en général (le coup de la Princesse de Clèves m’est resté en travers de la gorge). Par ailleurs, je suis totalement favorable à la construction européenne, même si j’estime qu’elle doit se faire dans le respect des valeurs locales et nationales et qu’elle doit cesser de se faire contre les peuples.

Pour autant, j’ai un certain nombre de points qui me rapprochent largement de Nicolas Sarkozy et m’éloignent de François Bayrou, comme l’amitié indéfectible à l’égard des Etats-Unis et de la famille occidentale et une vision plutôt sécuritaire de la délinquance, ainsi qu’une volonté de contrôler l’immigration (ce que ne fait pas Nicolas Sarkozy). Mais ce test, a mon avis, sous-estime ces points.

 

 

En fait, le plus gros défaut de ce test, c’est qu’il se place dans le débat actuel, alors que ma vision du monde est en bonne partie hors de ce débat. Pas une question sur l’Occident, pas un point sur les questions identitaires et civilisationelles. L’immigration est abordée sous le prisme sarkozyste, alors que je la vois d’un autre point de vue. Or, ce sont ces questions qui me paraissent fondamentales et qui déterminent mon positionnement politique.

Les politiques économiques, a mon avis, ne sont pas déterminées par les partis au pouvoir mais par les époques. C’est ainsi que les partis de droite menaient des politiques keynésiennes après la seconde guerre mondiale, même aux Etats-Unis, et que les partis de gauche menaient des politiques néolibérales depuis les années 80. C’est pour ça que quand on me demande mon point de vue sur les prestations sociales, je me contente de hausser les épaules. Même si j’estime que les hommes d’Etat devraient tenter d’imposer le moins possible les gens, même si je pense que l’Etat doit garantir que les inégalités ne soient pas trop fortes (deux principes contradictoires, n’est-ce pas ?), je n’ai pas vraiment d’opinion sur ce qu’il faudrait faire concrètement.

C’est comme quand on me demande s’il faut baisser les dépenses publiques pour baisser les impôts : concrètement, qu’est-ce que ça veut dire ? Je veux bien baisser les dépenses publiques, mais où ça ? La sécurité, la défense, la justice ? Même pas en rêve. La santé, l’éducation ? Même si je veux bien admettre qu’on puisse faire des économies par-ci par-là, les besoins sont tellement immenses, à l’université notamment, que ce n’est pas réaliste. Certes, il y a le coup de Bercy qui a les mêmes effectifs qu’avant l’informatisation, mais on se souvient que Nicolas Sarkozy ministre des Finances avait tout fait pour traquer les gaspillages partout. Résultats, quelques centaines de millions d’économisés, bref, pas grand-chose.

 

Un autre défaut de ce test concerne la politique étrangère. Que l’UE parle d’une seule voie en politique étrangère, notamment face à la Russie, oui, mille fois oui, sans hésiter. Que l’intégration se poursuive plus en avant en matière de Défense, encore une fois oui, j’ai dit maintes fois ici que j’étais favorable à une confédération européenne, à une armée européenne, qui permettrait de contrebalancer le poids écrasant des Etats-Unis au sein de l’OTAN. Mais je sais que les trois-quarts de ceux qui ont répondu comme moi l’ont fait avec l’idée d’avoir une Europe opposée aux Etats-Unis, quand je la voudrais partenaire, et d’une Europe qui permettrait de baisser les budgets militaires, quand je suis certain qu’il est nécessaire de les augmenter si nous voulons pouvoir réellement peser sur le monde, en Afghanistan, en Somalie, au Proche-Orient, dans le Caucase.

 

Enfin bref, pour en revenir au sujet de départ, cela fait déjà un moment que je pense voter Newropeans aux élections européennes. J’en ai entendu parler parce que son président, Franck Biancheri, est par ailleurs président du LEAP, et que le LEAP prévoit des troubles sociaux, voire des guerres-civiles, partout dans le monde sauf en Europe occidentale à partir de la fin de l’année 2009 (et vous vous doutez bien qu’avec des prédictions pareilles, le bonhomme m’est éminemment sympathique). Le programme de Newropeans me plait car il veut mettre de la démocratie au cœur de l’Europe, en ayant le culot de dire que ce n’est pas de la démocratie pour la démocratie mais de la démocratie parce que c‘est ce qui est le plus efficace. (Rien que pour avoir osé dire ça, j’adore Franck Biancheri.) Mais également parce qu’il veut créer de véritables mouvements politiques transeuropéens, ce qui est exactement ce dont l’Europe a besoin, pour finir par créer des structures confédérales à l’Europe.

Bref, un bulletin de plus pour Newropeans ? En fait pas vraiment. Il se trouve que je suis à l’étranger actuellement, et que je n’ai pas pu me faire de procuration quand j’étais en France. (Le commissariat n’avait pas les papiers, il eut fallu que je sache la date exacte des élections, il était tard, j’étais fatigué, et j’avais un train à prendre. Oui, je sais, c’est mal, citoyen, République, blablabla.) Dommage. Si quelqu’un compte s’abstenir pour les européennes et est prêt à voter à ma place, je lui en serai reconnaissant, mais bon, dans le cas contraire ça ne va pas m’empêcher de dormir.

 

Bon, puisque c’est la règle, je tague Ménesglad pour ce test, Stéphane Curet, CCRIDER, et puis après qui veut. J’aurai bien tagué François Duran, mais je crois qu’il est un rien trop occupé en ce moment pour tenir son blog.

 

PS : en bonus, voici quatre vidéos de Franck Biancheri trouvé chez Stéphane Curet. Les deux premières sont des interventions spécifiques à Newropeans, les deux autres un débat autour des prédictions du LEAP. Le simple fait que Biancheri se trouve opposé à Vincent Cespedes, sorte de grand gourou de la bien-pensance et partisan de l’inexistence des races sauf quand elles se mélangent, est une preuve de la justesse des vues du LEAP. (Je plaisante bien sûr. Encore que, pas tant que ça.)


Newropeans, Crise, Traité de Lisbonne et Union Européenne
envoyé par dcarayol - News videos hot off the press.

 

 

Par Gabriel Bendayan - Publié dans : Nombrilisme blogosphèrien
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Samedi 9 mai 2009

« J’ai fait deux choses le jour de mes soixante-quinze ans : je suis allé sur la tombe de ma femme, et je me suis engagé. » C’est par cette phrase choc que s’ouvre le roman de John Scalzi Le Vieil homme et la guerre, nominé pour le prix Hugo en 2005 et qui lui a fait obtenir le John W. Campbell Awards comme meilleur nouvel auteur pour l’année 2005.

 

Donc résumons. Nous sommes sur Terre, dans quelques siècles – la date exacte n’est pas précisée. Le monde est relativement proche du notre, si ce n’est que les Etats-Unis ont eu récemment une guerre nucléaire avec l’Inde. Ah, et aussi, l’humanité colonise les étoiles. Si vous voulez quitter la Terre, vous avez deux possibilités : être ressortissant d’un pays pauvre et surpeuplé (Inde, Pakistan, Suède…), ou alors attendre d’avoir soixante-quinze ans et vous engager dans les Forces de Défense Coloniale pour, près un service compris entre deux et dix ans, pouvoir vous établir comme colon. Parce que c’est la guerre là-haut, et c’est plutôt sanglant.

Mais les détails de la guerre, les terriens n’en savent pas grand chose, la Terre étant placée en quarantaine depuis qu’un virus extraterrestre a rendu stérile le tiers de la population masculine quelques décennies plus tôt. Le genre d’accident qui vous fait voir d’un œil favorable le principe de précaution, il faut bien le reconnaître.

Donc, John Perry, soixante-quinze ans, veuf, sa vie derrière-lui, la mort et la perte de prostate devant, s’engage dans les Forces de Défense Coloniales le jour de son anniversaire. Il part avec une ribambelle de vieux gâteux croulants, et se retrouve dans un vaisseau spatial à se demander pourquoi diable l’Union Coloniale – l’équivalente spatiale de l’ONU, qui gère la totalité de l’Humanité hors de la Terre – a besoin d’avoir une légion du quatrième âge grabataire pour faire la guerre. Ce que Perry ne sait pas encore, c’est qu’il va se retrouver avec un corps tout neuf, et boosté en prime : du sang gris bourré de nanorobots, des yeux de chat pour voir dans le noir, des muscles surpuissants, une peau verte à la chlorophylle, et un ordinateur intégré dans le cerveau avec qui il communique par la pensée. Après une semaine d’orgie entre-ex vieillards déglingués mais néo-jeunes apollons bourrés d’hormones accumulées pendant leurs années de vieillesse chaste, un officier leur apprend qu’ils sont partit pour dix ans de guerre et qu’à la fin, les trois-quarts d’entre eux seront morts. Voilà donc Perry et ses camarades envoyés pour six semaines d’entraînement intensif sous la houlette d’un adjudant-instructeur à la Full Metal Jacket, avant de partir se faire trouer la peau contre tout ce que la galaxie compte de salopards – et dieu sait qu’il y en a.

 

Disons le tout de suite, ce roman est assez jouissif. Passionnant, il se lit très vite et on passe un très bon moment. Foin de hard science ou de descriptions longues et assommantes du pourquoi du fonctionnement de tel ou tel microprocesseur, ça marche parce que ça marche et ne posez pas de question. Seul le mode de propulsion des vaisseaux spatiaux est explicité, et c’est vraiment parce que c’était nécessaire au développement de l’histoire.

On sent chez Scalzi l’influence des pères de la science-fiction, et notamment de l’ouvrage fondateur de la science-fiction militaire, Etoiles, garde à vous ! (encore qu’on ne sait parfois pas trop si l’influence vient du livre ou du film.) Ce roman est un hommage à l’âge d’or de la science-fiction américaine, par pas mal de coté on pourrait le prendre pour un roman de l’âge d’or de la science-fiction, si ce n’est qu’il n’y a pas d’anachronisme technologique (il est toujours hilarant, dans les romans de science-fiction des années 50-60, de voir des soucoupes volantes et pas d’internet ni d’ordinateur).

 

Le plus gros défaut du Vieil homme et la guerre, si tant est que s’en soit un, est dans le fait qu’on ne sait pas trop ce que pense l’auteur de son sujet. S’il n’y a pas le regard ouvertement militariste et nostalgique d’Heinlein sur l’institution militaire qu’il avait due quitter pour raison médicale, ce n’est pour autant pas une charge pacifiste à la Haldeman. Le narrateur porte un regard cynique et désabusé sur l’armée et sur les guerres qu’ont lui fait faire – ce qui est très drôle d’ailleurs – mais il ne refuse rien, ne se révolte pas, ne remet pas l’autorité de ses supérieurs en question.

Pour autant est-ce vraiment un défaut ? Ca change de ces auteurs qui nous assènent leurs certitudes idéologiques à longueur de page en prétendant faire de la littérature. (On peut aussi regretter que les aspects éthiques et psychologiques du changement de corps ne soient pas explorés plus profondément.) Ici, Perry devient un soldat, un bon soldat même. Il se découvre un talent certain, pour ne pas dire un goût, pour la guerre. (Bien que le contraire soit dit explicitement dans les suites, c’est l’impression qui se dégage.) Mais il n’en continue pas moins de porter un regard un rien désabusé sur le monde qui l’entour, monde qu’on connaît fort peu d’ailleurs.

Après, le coté « héro américain » de Perry lasse un peu. Juan Ricco, dans Etoiles, garde à vous !, avait au moins le bon sens de faire des bourdes et de passer son temps à se demander ce qu’il pouvait bien foutre dans l’Infanterie Mobile, tout en n’étant qu’un soldat parmi d’autre qui n’influe guère plus que ses camarades sur le cours de la guerre. Là, le narrateur réussit tout très bien tout le temps, monte en grade à une vitesse un rien ridicule (navré, mais même très bon, on ne passe pas de caporal à capitaine en un mois) et sauve une opération spéciale de l’échec par sa seule action.

 

Mais ça n’empêche pas l’histoire d’être passionnante, pleine de rebondissement et d’humour. C’est ce roman qui m’a fait découvrir et aimer la science-fiction. Bref, un très bon livre, honnête, divertissant, et qui ne prétend pas être ce qu’il n’est pas. A lire sans hésiter.

Par Gabriel Bendayan - Publié dans : Bibliothèque
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Vendredi 8 mai 2009
J'ai trouvé ça chez Hank. Franchement, si j'avais voulu l'inventer, je n'aurai pas trouvé mieux.

"Adrien Zeller avait invité l'ex-footballeur Lilian Thuram, 142 sélections en équipe de France, membre du Haut-Conseil à l'intégration, connu pour ses engagements contre le racisme, à venir témoigner face à des lycéens, pour la clôture du Mois de l'Autre. Thuram a répondu avec un tarif : 20 000 € pour une intervention d'une heure et demie."
Par Gabriel Bendayan - Publié dans : Bien-pensance
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Jeudi 7 mai 2009

Diantre ! Une interview de ma tête de turc préférée (Louis Schweitzer) dans mon journal préféré (Le Figaro) et je ne la vois même pas ? Quelle erreur de ma part ! Erreur corrigée, heureusement. Il ne sera pas dit que j’aurais discriminé à l’encontre du président de la HALDE en refusant de parler de lui. Morceaux choisit :

 

« Nous obtenons des succès [dans les procès en discrimination] depuis que nous privilégions l'action devant la justice civile, où la charge de la preuve est inversée. C'est à l'employeur de montrer sa bonne foi. »

Je ne suis pas juriste, mais dans ce pays, on n’est pas supposé innocent jusqu’à preuve du contraire ? Louis Schweitzer ne serait pas en train de faire l’apologie du présumé coupable ?

 

« Je souhaite que l'on ouvre une exception au droit français pour que l'on puisse mener des plaintes collectives pour discrimination. »

Ouf, me voilà rassuré ! Tout va bien brave gens ! Le crime de  discriminer est un crime spécial, qui mérite une législation d’exception. Vous pouvez donc voler, violer, tuer, piller, torturer, terroriser, tabasser, ou je ne sais pas quoi d’autre en « er », vous serez toujours protégé par la présomption d’innocence, la Déclaration des Droits de l’Homme et compagnie. Il n’y a que si vous vous avisez de discriminer (tiens, c’est aussi en er) que tous les principes de la justice qui forment la base de n’importe quel Etat de Droit sont laissés de coté.

 

Bon, le reste de l’interview est moins rigolo, juste le schmilblick habituel pour dire qu’il faut lutter contre les discriminations. Remarquez, je suis content d’une chose. Souvenez-vous, il y a quelques mois, Louis Schweitzer parlait de la société telle qu’elle devait devenir. (Mais qui est-il pour parler de la société vers laquelle nous devrions aller ? Qui l’a élu ? Est-il un représentant de la Nation ?) A l’époque, j’étais obligé de faire des suppositions en me basant sur les textes pondus par la HALDE, maintenant je peux dieu merci me baser sur ce qui est fait à l’étranger. Le modèle de société prônée par Louis Schweitzer, c’est une société un enfant de onze ans peut se retrouver devant le juge parce qu’il a traité un camarade de « paki » dans la cour de l’école. Qu’est-ce qu’il y a, ça ne vous fait pas envie ?

Par Gabriel Bendayan - Publié dans : Mieux vaut rire que pleurer
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Mercredi 6 mai 2009

Une manifestation pro-palestinienne à Londres qui dégénère. Jusque là rien que du très normal. Juste, pourquoi est-ce que les flics se laissent caillasser à coup de plots routiers sans réagir ? Franchement, j’aurais trouvé moins anormal d’entendre des « mort aux Juifs ». Si quelqu’un peut m’expliquer la doctrine de maintien de l’ordre de la police londonienne…



Mise à jour : je crois que je comprends mieux. A lire cet article, dont voici quelques extraits :

 

« En septembre 2006, une écolière de quatorze ans, Codie Stott, avait demandé à son professeur si elle pouvait changer de groupe pour réaliser un travail en sciences parce que toutes les filles avec lesquelles elle se trouvait parlaient uniquement le ourdou. La première réponse du professeur, d’après Stott, avait été de lui crier : « C’est du racisme, tu vas te faire avoir par la police ! » […] Le professeur a appelé la police et quelques jours plus tard, alors que l’administration pensait l’affaire close, Codie Stott a été arrêtée et emmenée au poste de police, où on prit photo et empreintes digitales. »

 

« Dans une école primaire un enfant de dix ans a été arrêté et traduit devant un juge pour avoir, paraît-il, traité un garçon de onze ans de « Paki » et de « ben Laden » au cours d’une dispute dans la cour de récréation […] Le juge, Jonathan Finestein, a déclaré : « Sommes-nous vraiment arrivés au stade où il nous faut poursuivre des garçons de I0 ans au titre du politiquement correct ? Il y a des délits importants ailleurs et la police ne se donne pas la peine de poursuivre. C’est n’importe quoi. » Finestein a été violemment pris à partie par des dirigeants de syndicats d’enseignants »

Par Gabriel Bendayan - Publié dans : Bien-pensance
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Lundi 4 mai 2009

Il y a des jours comme ça où j’ai envie de me mettre à gueuler. Il y a de ces jours où j’ai envie que tout s'embrase, que ce système pourri s’effondre. Il y a des jours où j’ai envie que tout explose, juste pour le plaisir de voir la tête que ferraient les tenants du multiculturalisme et du métissage.

 

Hier, Claude Géant a déclaré qu’il allait étudier les possibilités d’interdire la liste antisioniste du duo Dieudonné/Soral, car elle est presque ouvertement antisémite. Dire que Dieudonné et Soral sont antisémite est à peu près aussi novateur que de dire qu’il ne faut pas mettre la main sur un fer à repasser encore chaud, mais pour autant, je ne pense pas qu’il faille l’interdire. Déjà, parce que comme le dit Elisabeth Lévy, ce serait capituler en rase campagne. Mais aussi parce que j’en viens à espérer que cette liste fasse un score important.

 

David Bescond a émit deux hypothèses pour expliquer la sortie de Claude Guéant. La première est que la bien-pensance est terrifiée à l’idée que l’antisémitisme des populations des cités soit vu au grand jour, et veut donc empêcher la liste de se présenter. La seconde est que Nicolas Sarkozy ne souhaite pas interdire cette liste, mais au contraire lui faire de la publicité pour affaiblir la gauche et l’extrême-gauche.

Je ne sais pas laquelle de ces hypothèses est la bonne, mais je parierai plutôt pour la seconde. Déjà parce que je suis à peu près certain qu’il n’est pas possible juridiquement d’interdire cette liste. Ses membres peuvent dire qu’ils voient un sioniste derrière chaque divorce, un sionisme derrière « chaque chose qui divise la nature humaine », mais ce n’est pas juridiquement un délit. Être complètement stupide n’est pas interdit. Ensuite, parce que Nicolas Sarkozy est largement assez cynique pour jouer à ça.

 

Mais donc, comme je disais, j’en viens à espérer que cette liste face un score important. Pourquoi ? Parce que ça sonnera comme une bombe auprès de la bien-pensance. Tous ceux qui, depuis des décennies, nous chantent les louanges du multiculturalisme, du regroupement familial, de la dilution de l’identité française, de la haine de soi, ne pourraient plus fermer les yeux. La réalité leur apparaîtrait, crue, violente. Ils verraient leur échec patent, ils verraient leurs responsabilités.

Enfin, ils verraient… Les sifflets contre la Marseillaise, les émeutes, les tirs contre des policiers à Villiers-le-Bel n’ont pas suffit, pourquoi le verraient-ils ? Que les cités votent pour Soral, un homme qui explique tout par le sionisme, qui attaque les gens sur leur physique et la taille présumée de leur organe sexuel,  qui simplifie à outrance et qui est un adepte du complot, cela suffira-t-il ? Que les cités votent pour Dieudonné, celui qui depuis des années crache sa haine contre les juifs à chaque spectacle et offre un prix au négationniste Faurisson, est-ce que ça suffira ? Ou bien est-ce que les bien-pensants nous sortiront le couplet habituel, racisme, discrimination, enclavement (on se demande bien en quoi le XIXème arrondissement de Paris est enclavé), tours (on se demande bien où elles sont à Villiers-le-Bel) et je ne sais quoi. Et ils nous sortiront la même réponse, plan banlieue, République, engagement citoyen, vivre-ensemble, tolérance, métissage, multiculturalisme.

Les Roland Castro les Louis Schweitzer, les Philippe Val, les Ségolène Royal, seront toujours incapables de voir que leur République multiculturelle, c’est la destruction de la France. Ils seront incapable de voir que la France black-blanc-beur, c’est l’alliance Dieudonné/Soral/Ramadan.

 


Alors ce sera à la France de voir ce qu’elle vaut. Ce sera au peuple français de rejeter ces intellectuels et ces politiques qui creusent la tombe de la nation. La France en sera-t-elle capable ? A voir. Quand on voit ce qu’est devenu la France par rapport à il y a un siècle, il y a de quoi douter sur sa capacité à se relever. Il y a de quoi douter qu’elle mérite de se relever. Jugez plutôt.

Il y a un siècle, la France avait Barrès. Aujourd’hui, elle a Zemmour qui, malgré toute l’estime que je lui porte, ne lui arrive pas à la cheville.

Il y a un siècle, la France avait Maurras. Aujourd’hui, elle a Soral.

Il y a un siècle, la France avait Jaurès. Aujourd’hui, elle a Royal.

Il y a un siècle, la France avait Péguy. Aujourd’hui, elle a Francis Lalanne.

Il y a un siècle, il y a même un demi-siècle en fait, la France avait un débat intellectuel de qualité. Il y avait des polémiques, des affrontements verbaux, du talent littéraire. Aujourd’hui, Pierre Bergé interdit qu’on critique des auteurs, Marc Lévy fait un tabac avec sa guimauve rose-bonbon, le débat politique est d’une pauvreté incroyable, les humoristes sont traités comme des professionnels de la parole publique, et la France n’est même pas capable de retenir ses brillants esprits comme Maurice G. Dantec qui s’est exilé au Canada.

Il y a un siècle, la France était capable de se battre et de mourir pour protéger la patrie menacée à la Marne ou à Verdun. Aujourd’hui, elle est choquée par la mort de dix soldats.

 

La France mérite-t-elle d’être sauvée ? Le peuple français, abruti par le consumérisme et la bien-pensance, fatigué de faire suffisamment d’enfants pour continuer à exister, ne mérite-t-il pas largement de s’éteindre dans un magnifique suicide collectif ? Les français d’aujourd’hui sont-ils dignes de leurs ancêtres, qu’ils insultent à chaque fois qu’ils se repentent de quelque chose, sont-ils digne de leur culture, qu’ils piétinent à chaque fois qu’ils donnent un crédit artistique à Diam’s ou à Monsieur R ?

 

Et puis après je me calme un peu. Je me remets à analyser la situation plus froidement. Et je réfléchis à ce qu’impliquerait ce que je dis. Je réfléchis à ce qui pourrait être justifiées par mes écrits. Ce que je ne veux surtout pas voir.

Un ami me demande ce qu’il faut faire pour sauver la France (et l’Europe, qui est globalement dans une situation bien pire). Et bien, je ne sais pas. C’est ça le pire. Je ne sais pas.

Par Gabriel Bendayan - Publié dans : Opinion libre
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Lundi 4 mai 2009

« Il pensait que l’immigration allait briser les liens raciaux, religieux et culturels qui unissaient le pays pendant des siècles. »

Enoch Powell, où le fossé séparant le peuple, les ouvriers, des classes moyennes libérales et des étudiants gauchistes.







Par Gabriel Bendayan - Publié dans : Bien-pensance
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