

| Juillet 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | ||||||
|
||||||||||
L’année 2009 arrive donc. A quoi va-t-elle ressembler ? Que va-t-il s’y passer ? Il est toujours hasardeux de faire des prévisions, mais on peut néanmoins faire des estimations. Elles sont à la merci de n’importe quel évènement, mais méritent toujours qu’on s’y attarde.
Aux Etats-Unis, le président Barack H. Obama mènera sans doute une politique étrangère de type impériale à la Clinton, du moins c’est ce qu’on peut penser quand on voit la
composition de son équipe, composée d’anciens de l’administration de Bill Clinton. Il s’impliquera probablement à essayer de trouver un règlement au conflit israélo-palestinien, et il y a de
fortes chances qu’il échoue, d’autant plus que le nationaliste Benjamin Netanyahu risque fort d’être le prochain Premier ministre d’Israël. Le président Obama profitera sans doute du capital de
sympathie dont il joui à travers le monde pour servir les intérêts américains.
L’Obamania tiendra-t-elle en 2009 ? Barack H. Obama se comportera en président américain tout à fait normal plutôt qu’en une sorte de président du monde altermondialiste, et les attentes qu’il suscite à travers le monde sont tellement absurdes qu’il ne peut que décevoir. En toute logique, Barack Obama devrait vite être l’homme le plus haï de la planète, comme il a été l’homme le plus aimé. Pour autant, il ne faut pas sous-estimer la capacité des bien-pensants à ne pas voir la réalité et à continuer à s’aveugler. Ils lui trouveront un prétexte, voir même de bonnes raisons pour ne pas se retirer d’Irak. Ils diront sans doute que c’est pour éviter un carnage, ce qui sera rigoureusement exacte. Mais ils ne l’ont pas dit quand George W. Bush à envoyé 20 000 soldats en renforts, alors que ça l’était aussi.
A mon sens, la grande inconnue dans la politique étrangère de l’administration Obama va être l’Afghanistan. En toute logique clintonienne, Barack Obama devrait prendre acte du bourbier dans lequel est enfoncé l’Occident, et se retirer en ne laissant que quelques bases des Forces Spéciales et de l’US Air Force pour aller détruire des camps d’entraînement d’Al-Qaïda de temps en temps. Mais là, il serait pris en flagrant délit de mensonge (pour l’Irak, il lui suffira de jouer avec les mots pour prétendre tenir ses promesses de campagne). A mon avis, il va tenter d’envoyer le maximum de renforts américains et européens pour modifier le rapport de force, actuellement en faveur des Talibans, et ainsi réussir à intégrer les Talibans afghans au gouvernement officiel de l’Afghanistan.
En Afghanistan, la situation n’a pour le moment pas de raison de s’améliorer. Les Talibans devraient lancer leur traditionnelle offensive de printemps et tenter de tuer un maximum de soldats occidentaux pour fragiliser la coalition. La France a une capacité de résilience très faible, et ils le savent, je ne serais donc pas surpris que les soldats français soient une cible privilégiée. Mais en même temps, les troupes françaises actuellement présentes en première ligne font sans aucun doute parties des meilleurs soldats que l’Occident puisse envoyer en Afghanistan, à savoir des Chasseurs Alpins de la 27ème BCA. Nul doute que ces experts du combat en montagne seront à la hauteur face aux Talibans, et feront honneur à la France.
Aux Etats-Unis encore, Barack H. Obama tentera sans doute de se la jouer New Deal pour relancer l’économie américaine (et mondiale par la même occasion). La grande question étant de savoir si ce plan sera suffisant ou bien trop modeste. Et aussi sera-t-il mené de façon efficace, ou bien ne fera-t-il que retarder l’inévitable (le bouleversement massif de l’industrie automobile américaine par exemple) en jetant des centaines de milliards de dollars dans un puits sans fond ? Bien malin qui se targuera de pouvoir répondre à ces questions.
Même si le plan de relance Obama est efficace, l’année 2009 sera une année noire pour l’économie mondiale. La question primordiale pour la paix mondiale est celle de la croissance chinoise, une croissance trop faible risquant de provoquer des relents guerriers de la part de Pékin. On peut penser assez raisonnablement que le pétrole va remonter pour retrouver un prix un peu moins absurde (ou beaucoup plus, s’il remonte trop), que l’Occident sera en récession, que le chômage s’aggravera, que les déficits publics plongeront allègrement et que la tension sociale sera à son comble.
En Europe, les mouvements d’extrême-gauche de type NPA en profiteront et gagneront en puissance. Seront-ils pour autant capables de faire vaciller le pouvoir, un peu comme en
Grèce ? Nul ne le sait, mais je ne serais pas surpris de voir un gros clash social en France ce printemps. Une autre question qu’on peut se poser, c’est est-ce qu’on va assister à un
mouvement social européen, ou uniquement à une succession de mouvements nationaux ? Paradoxalement, un mouvement européen serait peut-être moins violent, car les casseurs nationaux
resteraient chez eux au lieu d’aller aider les « camarades » des pays voisins. Mais à coup sûr, un mouvement social européen aurait une influence massive sur la politique européenne sur
le long terme.
Il y aura d’ailleurs des élections au parlement. Qui les gagnera ? On s’en fout. Concrètement, 80% des textes sont votés conjointement par le PPE et par le PSE, le résultat ne modifiera donc pas en profondeur la politique européenne. (Non pas à cause d’une prétendu non-démocratie européenne, mais parce que l’Europe fonctionne par le consensus absolu.) Par contre, il faut garder à l’esprit que la couleur politique du parlement a une très grande influence sur la couleur politique de la Commission. Et il sera aussi intéressant de voir les scores des eurosceptiques, de gauche comme de droite, ainsi que des européistes, au niveau européen. Sur le plan français, on peut faire une prédiction : l’UMP se fera comme d’habitude laminer, car les eurosceptiques de son électorat iront au MPF ou chez Nicolas Dupont-Aignan, et les européistes iront au Modem. Sans parler du fait que les électeurs en profiteront pour se défouler contre Nicolas Sarkozy.
En France, l’année 2009 sera l’an 1 de l’autonomie des universités, ou, tout du moins, de vingt d’entre elles. Ca va être, à n’en pas douter, une énorme modification de long terme pour l’Université française, avec la création de grandes universités pluridisciplinaires à visibilité mondiale (la fusion des trois universités de Strasbourg par exemple) et des facilités de développements pour certaines écoles d’élites intégrées à des universités (comme la Toulouse School of Economics).
Par contre, reste la difficulté majeure : les personnels universitaires et les étudiants eux-mêmes.
L’extrême-gauche est en effet très présente dans le
milieu universitaire et risque fort de faire capoter la réforme pour des raisons de pure idéologie, et ce seront les étudiants qui en souffriront le
plus. Ce n’est pas pour rien que pas une université bretonne n’a choisi de bénéficier de l’autonomie, et qu’à l’exception de Toulouse-1, Limoges et La Rochelle, c’est toutes les universités de
l’ouest qui restent sous la tutelle de l’Etat. Peut-être va-t-on assister à une sorte de sélection naturelle appliquée aux universités françaises : celles qui choisissent l’autonomie et
l’excellence auront une réelle visibilité internationale, attireront les meilleurs étudiants, recevront de l’argent privé, fourniront des débouchés à leurs étudiants, tisseront des partenariats
de plus en plus étroits avec les universités européennes et étrangères, et créeront la croissance de demain. Les autres, noyautées par l’extrême-gauche, bloquées pour un oui ou pour un non,
resteront enfoncées dans la médiocrité et l’incompétence, ne déboucheront que sur le chômage ou les concours de la fonction publique, et, au final, sur le long terme, mourront d’une manière ou
d’une autre. Par contre, les étudiants de ces régions n’ayant pas les moyens d’aller faire leurs études à l’autre bout de la France seront forcés de rester dans ces sous-universités poubelles, et
verront s’éloigner les chances d’ascension sociale. Encore une fois, on voit que les premières victimes de l’extrême-gauche sont les pauvres eux-mêmes.
Profitons en (car après tout pourquoi bouder son plaisir ?) pour remarquer l’incroyable hypocrisie des sociologues et universitaires de l’EHESS. Ceux-là même qui, depuis des années, nous expliquent qu’il faut désenclaver les banlieues françaises et qu’elles sont remplis de gens formidables qui ne demandent qu’à s’en sortir, se voient offrir une possibilité de participer par eux-mêmes au désenclavement d’une de ces banlieue. En effet, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a décidé de déplacer l’EHESS pour former, avec l’INED ou d’autres instituts de recherche en science sociale, un campus d’élite au cœur de la banlieue parisienne. Voilà une excellente occasion de désenclaver une banlieue, en faisant venir de la mixité culturelle, des librairies universitaires, tout un tas de consommateur pour des cafés et des restaurants potentiels, et la possibilité pour les jeunes du coin d’avoir un modèle d’avenir exemplaire. Pour désenclaver une banlieue, je ne vois pas ce qu’il peut y avoir de mieux. Or, lesdits sociologues et universitaires refusent d’être déplacés, s’accrochant à tout prix à leurs cafés habituels. On en déduit donc que soit ils préfèrent parler plutôt qu’agir, soit ils ne croient pas une seconde à ce qu’ils racontent sur les banlieues. Que voulez-vous, il y a ceux qui parlent, et il y a ceux qui font.
Allez, sur ce, bonne année à tous. J’espère qu’au plan personnel elle sera très bonne, parce que collectivement, ça va vraiment être une année noire. Crise économique oblige.